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Un nouveau sommet international pour tenter de sortir la Libye du chaos


Les échecs des sommets passés ont laissé tant d’amers souvenirs que la perplexité règne avant la conférence internationale sur la Libye, qui se tient dimanche à Berlin.

Une énième rencontre internationale sur la Libye ? L’Allemagne s’apprête à accueillir, dimanche 19 janvier, à Berlin, un nouveau sommet autour de cette crise, dans un climat marqué à la fois par le scepticisme et l’urgence.

Les échecs passés de ces grand-messes diplomatiques sur une réconciliation libyenne se concluant par un catalogue de vœux pieux – La Celle-Saint-Cloud (juillet 2017), Elysée (mai 2018), Palerme (novembre 2018) – ont laissé tant d’amers souvenirs que la perplexité domine à la veille de ces retrouvailles de la communauté internationale au chevet d’un pays en guerre.

Et pourtant, jamais le sentiment d’urgence n’a été aussi aigu, au regard d’une double nouveauté survenue depuis les dernières éditions : d’une part, l’extension du conflit aux portes de Tripoli depuis l’assaut déclenché, en avril 2019, par le maréchal dissident Khalifa Haftar contre le gouvernement d’accord national (GAN) de Faïez Sarraj (reconnu par la communauté internationale) ; et, d’autre part, l’escalade des ingérences étrangères avec l’annonce, début janvier, d’une intervention turque aux côtés du GAN de Tripoli, en riposte au soutien militaire – non publiquement assumé – des Emiratis, des Egyptiens et des Russes en faveur d’Haftar. Signe de l’enjeu, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a fait savoir, jeudi, qu’il assisterait à la conférence de Berlin pour tenter de consolider la  trêve.

Alors que cette guerre libyenne menace plus que jamais de fragiliser les équilibres stratégiques régionaux, les onze pays conviés à Berlin auxquels se joindront quatre organisations internationales (Nations unies, Union européenne, Ligue arabe et Union africaine) s’efforceront de tracer les voies d’une solution politique. Pour cela, il faudra convaincre les protagonistes de signer un cessez-le-feu en bonne et due forme, et imposer aux acteurs extérieurs le respect effectif de l’embargo sur les livraisons d’armes datant de 2011. Et, au-delà, définir le cadre d’une future architecture institutionnelle pouvant servir de creuset à une authentique réconciliation interlibyenne.

A Berlin, le jeu des Européens sera particulièrement observé alors que la médiation diplomatique semble leur échapper. Ils doivent en effet faire face à la montée en puissance d’un axe turco-russe de plus en plus actif sur la Libye. Si Moscou et Ankara semblent soutenir des camps rivaux – Haftar pour les Russes et le GAN de Sarraj pour les Turcs –, ils œuvrent aussi de conserve pour se poser en parrains d’une future solution politique, à l’instar de leur initiative commune (le processus d’Astana) en Syrie. L’échec de la récente rencontre du 13 janvier, à Moscou, où Haftar a refusé de signer un cessez-le-feu, au grand dam de ses hôtes russes, a certes montré les limites de ce tandem. Il s’est néanmoins imposé dans le paysage stratégique libyen comme un nouveau pôle défiant ouvertement les Européens.

Victime de son impuissance en Syrie, confrontée au risque d’une mise à mal définitive de l’accord sur le nucléaire iranien – l’un de ses rares succès concrets –, l’Europe, qui, selon Charles Michel, le président du Conseil européen, est « absente du jeu moyen-oriental », peut-elle en outre se voir mise à l’écart du dossier libyen ? La réponse allant de soi, c’est un front uni que l’Union entend présenter à Berlin, en faisant taire ses divisions pour l’occasion.

A Bruxelles, lors d’un conseil extraordinaire des ministres des affaires étrangères, le 10 janvier, Josep Borrell, le nouveau haut représentant de l’Union, avait lancé un appel à la mobilisation de l’UEIl égrenait la liste des dangers : l’arrivée avérée de combattants islamistes venus de Syrie, 700 000 migrants en attente dans le pays, une possible déstabilisation de la région, un nouveau scénario géopolitique avec la Turquie et la Russie en acteurs principaux.

Ce qui démontrait de manière cruelle l’impuissance des Européens alors que la nouvelle querelle surgie entre la Grèce et la Turquie, à propos de la délimitation des frontières maritimes, apparaît comme un dégât collatéral de la crise libyenne. Le 27 novembre 2019, le GAN de Sarraj et la Turquie ont en effet signé un accord maritime qui légitime les prétentions d’Ankara au détriment des intérêts grecs et chypriotes. Le maréchal Haftar, opposé à cet accord, ne se prive pas d’exploiter ce contentieux dans sa quête de nouveaux alliés européens. La visite qu’il effectue à Athènes, vendredi, le démontre avec éclat.

Dans ce contexte, les pressions diplomatiques et militaires d’Ankara et de Moscou ont forcé les responsables européens à adapter un discours qui se contentait, jusque-là, d’évoquer la nécessité d’une « solution politique ». Dans un premier temps, la diplomatie commune s’était limitée à décrire le risque d’une escalade militaire. « Depuis, Poutine et Erdogan ont montré qu’ils espéraient continuer à combler à notre place le vide laissé par les Américains dans la région », commente un diplomate bruxellois.

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